Les premiers relayeurs des 208 équipes du Zembrocal Trail ont quitté la mairie de Saint-Joseph à 17 heures, jeudi 15 octobre 2026. Ils doivent couvrir 37 km jusqu’au volcan, première étape d’un relais de 160 km qui ouvre chaque année le Grand Raid de La Réunion.
D’après Outre-mer La 1ère, le départ a été donné sous le soleil mais dans un vent soutenu. Plus tôt dans l’après-midi, les bénévoles avaient vérifié le contenu des sacs sous la halle François-Mitterrand. Ce contrôle du matériel obligatoire se répète à chaque édition et marque, pour beaucoup de coureurs, le vrai début de la course.
Quatre relayeurs pour se partager 160 km et 8 460 m de D+
Le Zembrocal Trail fait partie des cinq courses du Grand Raid et se court par équipes de quatre. Le nom vient d’un plat créole, un riz mélangé à des légumes et des épices. C’est l’idée du relais: quatre profils différents se partagent une traversée que les participants de la Diagonale des Fous font seuls. Créé en 2017, le relais en est à sa neuvième édition. Le tracé mesure 160 km pour 8 460 m de dénivelé positif, répartis en quatre tronçons de 37, 35, 49 et 39 km. L’arrivée se trouve au stade de La Redoute, à Saint-Denis.
Le D+, ou dénivelé positif, additionne toutes les montées du parcours. Divisé par la distance, le chiffre donne une moyenne d’environ 53 mètres de montée par kilomètre. Pour comparaison, une sortie déjà raide en moyenne montagne tourne souvent autour de 30 à 40 m/km. Cette moyenne masque de grands écarts: certaines portions sont quasi plates, d’autres grimpent sans pause. Dit autrement, l’équipe parcourt un peu moins de quatre marathons, chacun avec plus de 2 000 mètres de montée.
Le relais fonctionne comme une course par étapes, mais sans pause entre elles. Le chrono de l’équipe tourne en continu. Chaque passage de témoin se fait à un point de contrôle avec pointage électronique et ravitaillement. Le coureur suivant attend sur place que son coéquipier arrive. Le temps perdu par un relayeur ne se rattrape qu’au prix d’un effort supplémentaire des suivants. L’équilibre de l’équipe compte donc autant que la vitesse d’un seul coureur.
Saint-Joseph-Nez de Bœuf: un premier relais de 30 m à 2 018 m d’altitude
Le premier tronçon est le plus simple à décrire et l’un des plus brutaux à courir. Selon le descriptif officiel des organisateurs, le départ de la place de la Mairie se trouve à 30 mètres d’altitude. Les coureurs traversent d’abord les rues de Saint-Joseph: la rue Paul-Demange, le secteur du gymnase Henri-Ganofsky, la rue Hippolyte-Foucque, la rue Jean-Albany, puis le chemin des Oignons. La route devient ensuite une piste, puis un sentier qui monte vers les hauts. Le passage de relais a lieu au parking de l’aire du Nez de Bœuf, au kilomètre 37,5, à 2 018 mètres d’altitude.
Le relayeur passe donc du niveau de la mer à plus de 2 000 mètres sans redescendre, soit un gain net de 1 988 mètres en moins de 40 km. C’est un peu comme démarrer sa journée par un col alpin hors catégorie, mais à pied et sur des sentiers. Le profil impose une gestion précise de l’effort. Partir trop vite dans la ville, porté par la foule, peut coûter cher dans la deuxième moitié de la montée. Le vent noté au départ par Outre-mer La 1ère s’ajoute à cette difficulté: sur les hauts, il refroidit vite des coureurs trempés de sueur. Le départ à 17 heures fait aussi terminer la plupart des relayeurs à la frontale. À cette latitude, la nuit tombe tôt en octobre.
Les clés du relais du Grand Raid
Mare à Boue, Mafate, La Possession: la géographie des trois relais suivants
Au Nez de Bœuf, le deuxième relayeur part vers le nord. Son itinéraire passe par Mare à Boue, le Kerveguen, le gîte de la Caverne Dufour et le Cap Anglais. Il se termine au stade de Hell-Bourg, dans le cirque de Salazie, au kilomètre 73,1. C’est le tronçon le plus court sur le papier. Sur le terrain, c’est autre chose: il comprend la longue descente du Kerveguen, réputée pour ses marches, ses racines et sa boue. Les cuisses y souffrent autant que dans une montée.
Le troisième relais est le plus long, avec 49 km. Il emprunte le Sentier Scout, passe par Grand Place et l’Ilet Savannah, puis suit la Canalisation des Orangers. Il s’arrête au stade Guillaume-Adolphe, à Halte-Là, au kilomètre 121,4. Ce tronçon traverse le cirque de Mafate, accessible uniquement à pied ou par hélicoptère. Le coureur y est souvent seul, de nuit ou au petit matin, loin de toute route.
Le dernier relayeur part vers le littoral nord. Il passe par la place Festival de La Possession, la Grande Chaloupe, le Colorado et le belvédère de la Vigie, avant d’arriver au stade de La Redoute. Ce final rappelle celui de la Diagonale des Fous. Les points d’assistance personnelle sont répartis sur tout le tracé, de Mare à Boue au Colorado. Le guide spécialisé Guide-Ski indique un temps maximal de 39 heures 45 minutes pour boucler l’ensemble. Les équipes les plus lentes devront donc courir pendant deux nuits.
Marcelle Puy et la Team Les Papang’: un relais pour les familles et les figures du trail péi
Le Zembrocal attire un public plus varié que les courses individuelles. Parmi les anonymes, Outre-mer La 1ère a repéré une grande figure du trail réunionnais: Marcelle Puy, surnommée la Reine. Elle porte le dossard 80981 et court cette année au sein de la Team Les Papang’ . Le papangue, seul rapace de l’île, est un symbole régional. Le choix de ce nom en dit long sur l’ancrage local de l’épreuve.
La chaîne présente l’épreuve comme un trail par équipe, mais aussi un trail en famille. Le format explique cette double nature. Un coureur capable de boucler 35 à 49 km en montagne n’est pas forcément prêt pour les 160 km d’une traversée en solitaire. Le relais lui permet de vivre le Grand Raid de l’intérieur: même ambiance, mêmes sentiers, mêmes bénévoles, avec une distance qu’il peut gérer. Le partage du parcours permet aussi de placer chaque coureur sur le terrain qui lui convient. Un grimpeur prendra la montée vers le volcan, un descendeur le Kerveguen, un coureur endurant la longue étape de Mafate.
Ce choix tactique est le cœur de l’épreuve. Une équipe composée de quatre profils identiques laisse plus de temps sur certains tronçons qu’une équipe bien répartie. Les écarts au classement se jouent donc souvent dès la composition de l’équipe, des semaines avant le départ.
À 22 heures, la Diagonale des Fous part de la Ravine Blanche
Le Zembrocal ouvre le bal, mais la course phare du Grand Raid, organisé du 15 au 18 octobre 2026, arrive juste après. La Diagonale des Fous part de Saint-Pierre, à la Ravine Blanche, à 22 heures. Les deux courses suivent la même logique de traversée sud-nord jusqu’à Saint-Denis. Seule la manière change: les relayeurs du Zembrocal se partagent le parcours, les participants de la Diagonale le font seuls.
Le calendrier n’est pas choisi au hasard. Le départ du relais à Saint-Joseph, présentée par l’organisation comme le berceau de cette activité de pleine nature, rend hommage à l’histoire de l’épreuve. Il étale aussi les arrivées: les équipes les plus rapides peuvent atteindre La Redoute alors que la Diagonale est encore en pleine montagne. Cela permet de mieux répartir les bénévoles, les secours et le public sur plusieurs jours.
Pour les 208 équipes engagées, la course se joue maintenant sur les sentiers. Les premiers passages de relais au Nez de Bœuf donneront une première idée du classement. Mais l’étape de Mafate, avec ses 49 km, a souvent fait basculer les pronostics. Les équipes qui auront gardé leur meilleur coureur pour ce troisième relais en profiteront-elles une fois de plus?
Zembrocal Trail 2026: les chiffres du départ
- Départ de la mairie de Saint-Joseph le 15 octobre 2026 à 17h
- 208 équipes de quatre relayeurs engagées
- 160 km et 8 460 m de D+ jusqu' au stade de La Redoute
- Premier relais de 37 km jusqu' au Nez de Bœuf
- Marcelle Puy court dans la Team Les Papang'
- Départ de la Diagonale des Fous à 22h à Saint-Pierre
Cet article a été rédigé avec l' assistance de l' intelligence artificielle à partir de sources journalistiques.




